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Quelle entreprise ne rêve pas de bénéficier d’une image de marque aussi populaire que celle des startups les plus prometteuses ?

 Alors que le marché du travail vit des jours difficiles, on pourrait penser que les entreprises n'ont pas besoin de faire d'efforts particuliers pour recruter. Néanmoins la réalité est toute autre, et notamment grâce à l'émergence des start-ups et de la culture qui les entourent. Aujourd'hui dans les esprits des jeunes diplômés, travailler pour une start-up est synonyme de liberté face à l'enfermement habituel du monde du travail. Cela ne signifie pas que le travail n'est plus règlementé, mais que les codes ont été repensés afin d'offrir à chacun un environnement de travail qui favorise l'épanouissement salarial, et donc la productivité. 

Néanmoins, le passage à une "culture start-up" en entreprise nécessite une véritable volonté de transformation en interne. Face à l'émergence de nouvelles organisations de travail et même de nouveaux lieux de travail, la culture start-up ne se limite pas à la mise en place de locaux originaux et décalés, d'un babyfoot et d'un peu de verdure. C'est un concept qui va plus loin dans la dynamique managériale et qui doit venir de l'ADN de l'entreprise dès sa création, et être porté par les plus hauts dirigeants de la société.

Être plus flexible à tous les niveaux

Aujourd'hui, les individus souhaitent donner un sens à leur travail et comprendre son impact sur la société. Au-delà du simple aspect "pratique" d'un emploi, les salariés ne veulent plus d'un travail dans lequel ils n'ont pas l'impression d'être utiles. Le digital a flouté la barrière entre la vie professionnelle et personnelle et a ainsi engendré une nouvelle génération de travailleurs qui réclament une plus grande flexibilité dans les horaires de travail et témoignent d'un besoin de reconnaissance plus important.

La première étape est de construire une véritable politique de management en interne autour de l'échange et de la collaboration. Chaque collaborateur doit pouvoir participer aux projets stratégiques de l'entreprise. Cette culture d'"empowerment" permet de dissoudre les frontières entre la direction et les employés et de responsabiliser l'ensemble de ses équipes autour de projets communs.

Les entreprises doivent réussir à adopter un regard ouvert, pas seulement au niveau de leur hiérarchie, mais aussi au sein des différents services internes. Un salarié peut avoir des projets transversaux entre les services et ne pas rester cantonné à ses propres missions, il pourra également apporter un oeil neuf sur d'autres projets de l'entreprise. Varier les projets et les missions entre différents services permettra ainsi de faire monter en compétences les équipes. Également, cela permet d'impliquer les salariés dans les projets de développement de la société, de manière à ce qu'ils se sentent concernés par ces projets et puissent être fiers d'y avoir participer.

L'environnement de travail joue également une part importante pour adopter une position plus flexible et plus propice à l'épanouissement. Les entreprises rivalisent de créativité pour travailler leur marque employeur dans ce domaine. Créer un cadre moins strict et codifié est une suite logique à la transformation du travail, plus mobile et plus intuitif. Le bureau n'est plus un espace attitré et figé dans l'espace, mais évolue en fonction du rythme et des besoins de la journée.

Il en va de même pour les horaires de travail, il faut pouvoir miser sur une plus grande flexibilité dans l'organisation du travail de ses collaborateurs. Ce qui compte aujourd'hui, ce n'est plus la présence à heures fixes, mais les résultats, et pour cela, l'entreprise 3.0 doit offrir un maximum de liberté à chacun dans l'organisation du temps de travail, tout en responsabilisant chaque individu.

Faire cohabiter plusieurs approches du monde du travail

La transformation du monde du travail a entrainé un conflit intergénérationnel qui peut parfois être un frein pour le développement d'une entreprise. L'important n'est pas de comparer les méthodes des uns et des autres, ou de s'arrêter sur des idées reçues.

Chaque génération au sein d'une même entreprise, X, Y ou même Z pour les plus jeunes, forment un seul et même groupe. Elles ont des approches très différentes du travail, et il demeure important de les faire cohabiter, de sorte qu'elles collaborent plus qu'elles ne s'affrontent. Les générations Y et Z, sont des "digital natives" qui affrontent les "immigrés digitaux". La nouvelle génération est impatiente de voir les résultats et récompenses, elle sait travailler simultanément sur plusieurs sujets, tout en communiquant sur des réseaux sociaux. Les profils plus seniors eux, préfèrent se concentrer sur un sujet à la fois et le travailler à fond. Ce sont des compétences parfaitement complémentaires pour faire avancer les projets de l'entreprise.

En définitive, il n'y a pas de recette miracle pour attirer les meilleurs talents dans son entreprise. Il s'agit peut-être de commencer par écouter les besoins de ses employés à travers, par exemple, des témoignages et analyses internes et anonymes qui permettent à tous, qu'importe l'âge ou le niveau de séniorité, de se sentir impliqué dans la croissance de son entreprise. Ce qui compte vraiment dans cette démarche, c'est de garder l'humain au coeur de l'entreprise en travaillant de manière collaborative dans un but commun.


Source : Les Echos