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1 - Salaire, retraite, épargne, logement : ce que les annonces du gouvernement vont changer à votre portefeuille.
2 - Impôts, carburant, prestations : ce qui change dans le budget 2018.
3 - Réforme fiscale Macron - le compte-titres sort grand gagnant


 

Salaire, retraite, épargne, logement : ce que les annonces du gouvernement vont changer à votre portefeuille

Qui seront les gagnants et les perdants des réformes économiques du gouvernement ? Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a assuré qu'elles allaient "rapporter un treizième mois" aux Français. Mais difficile de s'y retrouver tant l'exécutif multiplie les annonces. Logement, salaires, retraites, épargne... Vous n'y comprenez plus rien ? Tentons de démêler l'écheveau.

Si vous êtes salarié dans le privé

  • Vous y perdez avec la hausse de la CSG. Emmanuel Macron l'avait promis durant sa campagne, et il compte tenir parole : la hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée (CSG) s'appliquera à l'ensemble des revenus au 1er janvier 2018. Donc à votre salaire. Concrètement, si vous touchez le smic, cela représentera 24,50 euros de moins sur votre feuille de paie, estime Capital(sur la base de 1 466,62 euros brut par mois en 2016).
  • Vous y gagnez avec la suppression des cotisations maladie et chômage. En revanche, vous bénéficiez de la suppression des cotisations salariales de l'assurance maladie (0,75% du salaire brut) et de l'assurance chômage (2,4%). Selon Capital,la première vous permettra, si vous êtes au smic, de gagner 11 euros supplémentaires par mois ; la seconde 35,20 euros. A l'arrivée, une fois ôtée la CSG, votre feuille de paie devrait afficher 21,70 euros de plus par mois, soit 260 euros par an. Disons 250, pour reprendre le chiffre de Gérald Darmanin.

Et plus votre salaire est élevé, plus vous y gagnerez. Le bénéfice se montera ainsi à 533 euros par an pour un salarié touchant 3 000 euros brut mensuels. Un bémol tout de même, relevé par Les Echos : alors que la hausse de la CSG prendra effet dès le début 2018, "les cotisations sociales devraient, elles, baisser en deux temps". Il faudra donc attendre le dernier trimestre 2018 pour bénéficier à plein du surcroît salarial annoncé.

Si vous êtes fonctionnaire

  • Vous y perdez avec le gel du point d'indice. Il n'y aura pas de hausse de la valeur du point d'indice – qui sert de calcul à la rémunération des agents publics – pour 2018. Donc pas d'augmentation générale des salaires en vue.
  • Vous y perdez avec la hausse de la CSG.Vous subissez le même sort que les salariés du privé. Vos salaires seront davantage ponctionnés, avec l'augmentation de 1,7% de la contribution sociale généralisée.
  • Et vous ne pouvez pas encore compter sur une compensation. Enfin,la suppression des cotisations chômage et maladie ne vous concerne pas, du fait de votre statut. En l'état, vous y perdez, mais le gouvernement a promis une compensation. La discussion est en cours quant à ses modalités. Dernière proposition en date côté gouvernement : supprimer la cotisation exceptionnelle de solidarité, qui se monte à 1%, et ajouter, dès janvier, une "indemnité compensatoire" dont lemontant n'a pas encore été fixé. Pour les syndicats, le compte n'y est pas et la colère gronde au point que – fait inédit depuis dix ans – tous appellent à la grève le 10 octobre.

Si vous êtes retraité

  • Vous y perdez avec la hausse de la CSG.Comme les autres, elle va vous frapper au portefeuille, sauf si vous touchez moins de 1 200 euros mensuels et que vous êtes exonéré de CSG ou soumis à son taux réduit. Mais si vous ne faites pas partie des 40% de retraités aux revenus les plus modestes, vous sentirez la ponction. En effet, sur une pension de 1 500 euros par mois, une hausse de 1,7 point de CSG représente près de 25 euros de prélèvement supplémentaire. A priori, vous êtes le ou la principal(e) perdant(e) de cette mesure.
  • Vous y gagnez avec la hausse de votre pension de base. Bonne nouvelle pour les seniors : la pension de base des salariés du privé, des indépendants et des agriculteurs augmentera de 0,8% au 1er octobre 2017. Un coup de pouce après "trois années de vaches maigres", assurent Les Echos.
  • Mais votre retraite complémentaire stagne. En revanche, si la base augmente, la retraite complémentaire, dont la revalorisation annuelle est le 1er novembre, devrait stagner en 2017, prévient L'Express. Et ce pour la quatrième année consécutive. En effet, depuis 2015, cette revalorisation est égale au niveau de l'inflation moins un point (sans pouvoir être négative), explique l'hebdomadaire.

Si vous êtes un petit épargnant

  • Votre Livret A ne suivra pas l'inflation.En août, compte tenu de l'inflation, il aurait dû passer à un taux de 1% d'intérêts. Mais le gouvernement en a décidé autrement, en maintenant le taux du Livret A à 0,75%, son plus bas niveau historique. Résultat ? "Son taux de rémunération est clairement négatif puisque l'inflation se monte à 0,9% depuis le début de l'année", commente l'économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne, joint par france info.
  • Votre nouveau PEL sera soumis à un impôt de 30%. Big bang fiscal au 1er janvier prochain : les intérêts des plans épargne-logement (PEL) ouverts en 2018 seront soumis à un impôt forfaitaire de 30% dès la première année, soit le taux de la "flat tax" (impôt unique) annoncé par le gouvernement sur les revenus du capital. "Il y a une volonté manifeste de pénaliser ce produit qui coûte cher aux banques", analyse Philippe Crevel. Mais il n'y aura pas d'effet rétroactif. Pour les plans ouverts avant le 1er janvier 2018, "les intérêts produits jusqu'à la veille du 12e anniversaire du PEL resteront exonérés d'impôt sur le revenu", a promis le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Si vous avez un gros patrimoine

  • Votre assurance-vie sera davantage taxée au-delà de 150 000 euros d'encours. Afin de limiter l'affection pour ce produit, le gouvernement a pris des mesures contre les "assurés haut de gamme", explique Philippe Crevel. A partir de 2018, l'imposition forfaitaire de 30% s'appliquera sur les revenus de l'assurance-vie, mais au-delà de "150 000 euros d'encours net, tous contrats confondus, pour une personne seule et 300 000 euros pour un couple". En-deçà de ces montants, "les détenteurs de contrats d'assurance-vie n'ont aucune raison de s'inquiéter. Rien ne change pour les revenus produits par les versements antérieurs à la réforme, quel que soit leur montant", garantit Bruno Le Maire.
  • Votre épargne en actions est encouragée.Le gouvernement cherche clairement à orienter dans cette direction les plus fortunés car "l'effort d'épargne est concentré massivement sur les 20% les plus riches", synthétise Philippe Crevel. D'où la décision de maintenir la fiscalité très avantageuse des plans d'épargne en actions (PEA), qui, au-delà de la cinquième année, ne sont plus soumis qu'aux prélèvements sociaux. D'où, surtout, la décision de ramener au taux maximum unique de 30% l'imposition sur les revenus du capital.

Si vous touchez plus de 160 000 euros annuels et possédez un compte titres (panier d'actions ou d'obligations), vous êtes le grand gagnant de cette "flat tax". Votre imposition va passer de "60% de prélèvement maximum à 30 [le taux unique], soit une division par deux", analyse Philippe Crevel. Cerise supplémentaire sur le gâteau, si vous comptez parmi les 342 000 foyers les plus riches de France, vous pourrez déduire ces valeurs mobilières de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), voué à une mort prochaine. L'ISF sera remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière, taxant les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 million d'euros.

Si vous êtes locataire ou propriétaire

  • Votre taxe d'habitation pourrait bien baisser. C'était une des mesures les plus populaires du candidat Macron : 80% des ménages n'auront plus à payer la taxe d'habitation d'ici trois ans, sachant que 12 millions de foyers en sont déjà exonérés en raison de leurs faibles revenus. Concrètement, selon l'entourage de Gérald Darmanin cité par Le Monde, un contribuable gagnant"jusqu'à environ 2 500 euros de revenu mensuel imposable"pourra être exonéré de la taxe d'habitation.

Les ménages concernés vont bénéficier progressivement de cette réforme. Leur taxe d'habitation sera 30% moins élevée dès 2018, puis baissera de nouveau d'un tiers en 2019, jusqu'à une exonération totale en 2020. "Quelqu’un qui paye 600 euros de taxe cette année payera 420 euros l’année prochaine, puis 200 euros, puis 0 euro", a détaillé Gérald Darmanin.

  • Vos APL vont baisser et le calcul en sera modifié.Tollé en juin, lorsque le gouvernement a annoncé la baisse des aides personnelles au logement (APL) de 5 euros. Il a tenté de se rattraper en lançant (en vain) un appel aux propriétaires pour qu'ils baissent les loyers de 5 euros. Dans les HLM, pour que les locataires n'aient pas à payer la facture de la baisse des APL, le gouvernement a demandé aux bailleurs de diminuer les loyers.

Et il y a encore du changement en vue. A partir du 1er janvier 2019, les APL seront calculées sur la base du revenu de l'année en cours, a annoncé, dimanche 17 septembre, le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie. Jusque-là, le montant de cette prestation était calculé sur le revenu déclaré par le bénéficiaire deux ans plus tôt. Le gouvernement s'est engagé à ce qu'aucun allocataire ne perde un euro avec cette réforme.

 France info


 

Impôts, carburants, prestations… : ce qui change pour les ménages dans le budget 2018

• Fin de la cellule de régularisation
Les contribuables ayant des comptes cachés à l'étranger ne pourront plus venir frapper à la porte de la cellule de régularisation des avoirs fiscaux à compter du 1er janvier prochain. La cellule continuera de traiter les dossiers déposés avant le 31 décembre 2017 mais elle n'acceptera pas de nouvelles demandes.

• Coup de pouce à l'emploi à domicile
C'est une mesure votée sous François Hollande, mais mise en avant par l'actuel gouvernement comme un gage accordé aux plus modestes. La généralisation du crédit d'impôt pour les services à la personne jouera à plein en 2018 pour les retraités. Les dépenses engagées en 2017 pourront en effet donner lieu à un crédit d'impôt l'an prochain, et pas uniquement à une réduction d'impôt comme c'était le cas jusqu'ici. La différence ? Les retraités pourront bénéficier d'un remboursement du fisc dans le cas où l'avantage fiscal est supérieur à l'impôt dû.

• Tour de vis sur le crédit d'impôt transition énergétique
Trop coûteux (1,7 milliard d'euros), le crédit d'impôt transition énergétique sera recentré « sur les mesures les plus efficaces pour réaliser des économies d'énergie », comme l'a annoncé Nicolas Hulot mi-septembre. Plus précisément, ce sont les portes et les fenêtres qui vont être exclues progressivement de cette aide. Une première étape avant la transformation, prévue pour 2019, de ce crédit d'impôt en une subvention, afin de rendre les travaux accessibles aux ménages qui ne peuvent pas avancer le financement pendant un an.

• Le Pinel recentré sur les zones tendues
L'avantage fiscal lié à un investissement locatif dans le neuf  est prolongé pour quatre ans , alors qu'il devait s'arrêter à fin décembre. Il sera cependant recentré sur les zones tendues, soit Paris, la petite couronne et une partie de la seconde couronne, ainsi que la région PACA, la frontière suisse et certaines grandes agglomérations. Même traitement pour le prêt à taux zéro, accordé aux acquéreurs de leur premier logement. Il sera lui aussi réservé aux zones les plus tendues, sauf pour l'achat d'un logement ancien à rénover.

• Hausse des taxes sur les carburants
L'écologie va se payer cher à la pompe. Du fait de la montée en puissance de la contribution climat énergie et de la convergence voulue entre l'essence et le diesel, les taxes vont augmenter de 7,6 centimes par litre sur le diesel en 2018, soit une progression de 10 %. La hausse sera un peu moins lourde sur l'essence (+3,9 centimes par litre).

• Une nouvelle prime de conversion
C'est la  prime à la casse de nouvelle génération . Les propriétaires d'un vieux véhicule pourront bénéficier d'une aide de 1.000 à 2.000 euros (pour les non imposables) s'ils acquièrent une voiture d'occasion récente (labellisée Crit'Air 0,1, ou 2). La prime de conversion pour une voiture électrique est revue à la baisse de 4.000 à 2.500 euros, mais le bonus à l'achat est maintenu (à 6.000 euros). Pour accélérer la conversion du parc, le malus automobile est encore renforcé.

• Revalorisation des prestations
La revalorisation de certaines prestations, promise pendant la campagne, attendra la fin de l'année.  La prime d'activité augmentera de 20 euros par mois au 1er octobre 2018. Quant à  l'allocation adulte handicapé , elle progressera de 50 euros en décembre 2018.

 


Réforme fiscale Macron : le compte-titres sort grand gagnant

Moins d’impôts sur les dividendes, moins d’impôts sur les plus-values, possibilité d’arbitrer en toute liberté sans contrainte de durée de détention des titres… Le compte-titre classique (hors PEA, hors assurance vie, hors PEE) est le principal bénéficiaire de la réforme fiscale Macron.

Le compte-titres va-t-il redevenir l’une des pièces maîtresses du patrimoine des épargnants aisés ? Seule certitude : il est le grand gagnant de la réforme de la fiscalité des placements inscrite dans le projet de loi de finances pour 2018.

Pour faire simple, aujourd'hui, tous les gains boursiers (dividendes et plus-values) réalisés hors PEA et assurance vie s’ajoutent, après abattements, à vos autres revenus (salaires, pensions) et sont donc soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu (14%, 30%, 41%, 45%) ainsi qu’aux prélèvements sociaux (15,5% en 2017).

À compter du 1er janvier 2018, dividendes et plus-values seront taxés à un prélèvement forfaitaire unique (PUF) de 30%, prélèvements sociaux inclus. Pour l’investisseur – particulier, cela signifie moins de prélèvements et d’avantages d’incitation à investir en Bourse.

L’économie d’impôt dépend du type de gain (coupon, dividende, plus-value sur action, plus-value sur obligation), de la durée de détention des titres (moins de 2 ans, entre 2 et 8 ans, plus de 8 ans) et de votre taux marginal d’imposition.


Prenons l’exemple d’un cadre célibataire taxé à 41% qui déclare 80.000 euros de revenu net imposable

- Coupons d’obligations : les prélèvements fiscaux et sociaux vont passer de 56,5% (41% + 15,5%) à 30%.
- Dividendes d’actions : l'imposition baissera de 38% (en tenant compte de l'abattement de 40% et des 5,1% de CSG déductible) à 30%.
- Plus-values sur obligations : la taxation va chuter de 56,5 à 30%.
- Plus-values sur actions : le taux de prélèvement passera de 56,5 à 30% en cas de cession de titres avant deux ans, de 36 à 30% entre deux et huit ans, et de 29,9 à 30% après huit ans.

Pour 20.000 euros de gains annuels (5.000 euros de coupons 5.000 euros de dividendes, 5.000 euros de plus-values sur obligations, 5.000 euros de plus-values sur actions), les prélèvements passeront ainsi de 10.375 euros à 6.000 euros, soit une chute de 4 375 euros. A laquelle il faut ajouter l’économie d’ISF (de 0,5 à 1,5% sur la valeur totale du portefeuille), les valeurs mobilières étant sorties du champ de l’impôt sur le capital rebaptisé impôt sur la fortune immobilière (IFI).  

Plus important encore que la baisse d’impôts, avec la réforme fiscale Macron, les investisseurs vont gagner en souplesse de gestion.

Pour bien comprendre, il faut se rappeler comment sont taxées les plus-values sur actions aujourd'hui. La taxation est dégressive dans le temps. Le hic ? Il y a des effets de seuils, qui peuvent inciter les investisseurs à conserver leurs titres plus longtemps que de raison pour réduire l’impôt dû en cas de cession. Dès 2018, l’investisseur pourra arbitrer en toute liberté. Vous ne vous direz plus : «je conserve mes titres parce que dans six mois je paierai moins d'impôts», avec tous les risques que cela comporte sur la plus-value. 

Le retour du compte-titres sur le devant de la scène des placements ne signifie pas la fin des enveloppes à fiscalité privilégiée (PEA, assurance vie, épargne salariale). Chacun de ces placements mérite sa place dans votre patrimoine.


Deux conseils pour profiter du retour en grâce du compte-titres   

Si vous en possédez déjà un, vendez les titres sans potentiel de hausse (les obligations notamment) que vous avez renoncé à céder depuis des années pour ne pas passer par la case impôts.

Si vous ne possédez pas de compte-titres, ouvrez-en un sans tarder. Pour investir à l’international, notamment dans des titres et fonds liés à des thématiques porteuses (l’eau, la robotique, le big data) non éligibles au PEA.