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PARIS (Agefi-Dow Jones)--La France à contre-courant. Dix-huit pays européens ont des politiques de promotion et de développement de l'actionnariat salarié. Un nombre encore jamais atteint, se félicite la Fédération européenne de l'actionnariat salarié (FEAS) dans son baromètre semestriel.

A l'exception de la France, toutes les décisions politiques récentes en Europe amènent de plus fortes incitations en faveur de l'actionnariat salarié. La FEAS cite notamment la Norvège, qui a doublé ses avantages fiscaux. La Pologne travaille sur une législation allant dans le même sens. Pour sa part, l'Irlande prévoit de stimuler l'actionnariat salarié dans les PME en 2018, tandis que les Pays-Bas s'apprêtent à assouplir le régime des stock-options dans les start-up.

Mais la France a fait le chemin inverse. Le gouvernement sortant a supprimé en début d'année les dispositions positives introduites par la Loi Macron dix-huit mois auparavant. Emmanuel Macron, devenu Président de la République, va-t-inverser la tendance ? Une urgence alors que le taux de démocratisation de l'actionnariat salarié en France ne cesse de baisser depuis six ans, passant de plus de 44% en 2010 à 36% en 2016. Le nombre d'actionnaires salariés est tombé de 4 à 3 millions à politique inchangée. Néanmoins de nombreux groupes restent actifs, à l'instar notamment de Valeo, Ingenico, Michelin, Ubisoft, qui ont récemment annoncé ou réalisé des plans d'actionnariat salarié.

Un atout. Le développement large de l'actionnariat salarié est facteur de "meilleure motivation, de productivité, de rentabilité, de croissance plus soutenue, d'emplois plus nombreux et de meilleure qualité", souligne la FEAS. Aux Etats-Unis, une étude a montré que la balance des coûts et des bénéfices fiscaux de la politique d'actionnariat salarié était positive de 15 milliards de dollars pour le budget fédéral en 2015. De plus, les entreprises avec actionnariat salarié ont licencié deux fois moins que les autres au cours des deux dernières périodes de récession aux Etats-Unis, selon une étude de la Rutgers School of Management.

"Après une période de flottement après la crise financière, les décisions politiques dans les pays européens sont à nouveau orientées dans le sens de la promotion et du développement de l'actionnariat salarié", souligne Marc Mathieu, secrétaire général de la FEAS. "C'est le bon choix pour l'Europe. Il est temps pour la France de revenir dans le sens commun."

Source : Zone Bourse