• Adhésion 5€
  • Monde du travail
  • Parole d'expert
  • Actionnariat
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • [javascript protected email address]

Investir dans les actions de sociétés cotées détenues en partie par leurs salariés et des familles permet de générer des performances meilleures que celles du marché, en moyenne, selon les gérants d’Allianz Actions Aequitas, un fonds dédié sur cette thématique.

Capital.fr : Quel est le champ d’investissement du fonds Allianz Actions Aequitas ?
Victor Kittayaso : Il investit dans les sociétés cotées françaises, dont le capital est détenu en partie par les salariés et/ou par une famille, au moins à hauteur de 3%, le seuil permettant aux salariés d’accéder au conseil d’administration. En pratique, la part du capital détenue par les familles est de 29% en moyenne, au sein du fonds.

En quoi l’actionnariat familial ou salarié constitue-t-il une valeur ajoutée, pour l’investisseur ?
Dans un environnement où la plupart des dirigeants se plaignent de la dictature des objectifs à court terme, l’actionnariat familial permet de mieux se projeter dans le temps, de favoriser le développement de stratégies de long terme pour les entreprises concernées, nécessaires pour créer de la valeur sur la durée. La présence d’une famille au capital est aussi généralement synonyme de gestion plus prudente, “en bon père de famille”, tandis que l’actionnariat salarié favorise une meilleure implication des collaborateurs, une plus grande adhésion au projet d’entreprise et une plus grande sensibilisation à ses enjeux. Ces éléments concourent à favoriser le long terme dans les décisions et la stratégie de l’entreprise. Ce que nous apprécions en tant qu’investisseur de long terme.

Quels sont vos autres critères de sélection des valeurs ?
Si la thématique de l’actionnariat salarié et familial est porteuse, on ne peut pas faire l’impasse sur la recherche fondamentale, qui nous permet d’identifier les entreprises correspondant à l’un de nos 3 piliers d’investissement. En premier lieu les sociétés créant structurellement de la valeur, c’est-à-dire celles dont la rentabilité dépasse les exigences de rémunération des apporteurs de capitaux : les actionnaires et les créanciers. Ensuite celles qui sont en transition : les entreprises dont le cours est souvent au tapis, du fait de bénéfices déprimés, mais ayant un projet de transformation crédible, ou bénéficiant de l’impulsion d’une nouvelle direction. Et enfin celles à fort potentiel, à savoir les acteurs précurseurs, positionnés sur les marchés naissants... Nous évitons toutefois les valeurs de trop petite taille, pour des questions de liquidité.

Pourriez-vous citer quelques valeurs satisfaisant vos critères d’investissement ?
Seb, le n°1 mondial du petit équipement domestique, qui bénéficie d’un outil industriel de pointe, d’une Recherche et développement efficace, permettant d’améliorer le mix produits et la rentabilité, et qui paie ses acquisitions au juste prix. Ou encore Plastic Omnium, une affaire familiale reprise en 2001 par Laurent Burelle, qui s’est imposée comme un leader mondial de l’équipement automobile, par l’investissement, l’innovation, les acquisitions, l’internationalisation… Son chiffre d’affaires a été multiplié par près de 4 en 15 ans.

Votre stratégie d’investissement permet-elle vraiment de faire mieux que le parcours du marché d’actions dans son ensemble ?
Qu’on en juge. Depuis le lancement du fonds, en juin 2001, le fonds affichait à fin avril une performance annuelle moyenne de 6,4% par an, contre près de 3,9% pour l’indice de référence, le CAC All Tradable (le successeur de l’indice SBF 250, regroupant les 250 principales valeurs cotées à la Bourse de Paris, NDLR), et ce, pour une volatilité relativement faible.

 Source : Capital